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À retenir :
- Les TMS sont des pathologies multifactorielles, résultant de l’interaction de facteurs biomécaniques, environnementaux, organisationnels, psychosociaux et individuels.
- La prévention des TMS ne peut pas se limiter à l’identification ou à la réduction des contraintes physiques : il est nécessaire de comprendre le travail réel et les interactions entre les différents facteurs de risque.
- L’analyse ergonomique permet d’identifier les déterminants du travail et de comprendre comment ils contribuent à l’apparition ou au maintien des TMS.
- La prévention efficace repose sur la transformation des situations de travail, en agissant à la fois sur les contraintes et sur les ressources disponibles pour réaliser le travail.
- La participation des différents acteurs de l’entreprise, de la direction aux salariés, est essentielle pour comprendre le travail réel, croiser les regards et construire ensemble des solutions adaptées, pertinentes et durables.
Définition des troubles musculosquelettiques (TMS)
Les TMS sont « des troubles de l’appareil locomoteur – membres et rachis –, pour lesquels l’activité professionnelle peut jouer un rôle dans la genèse, le maintien ou l’aggravation. Ces troubles peuvent induire gêne fonctionnelle et douleurs » (6).
Les TMS proviennent « d’un déséquilibre entre les capacités du corps et les contraintes auxquelles il est exposé » (1).
Parmi ces troubles, on peut citer les tendinites, les lombalgies, le syndrome du canal carpien, les épicondylites, les hygromas du genou… des maladies qui touchent principalement les membres supérieurs, le rachis et les genoux (1).
Quelles sont les conséquences des TMS ?
D’après l’Assurance Maladie, les TMS représentent 88 % des maladies professionnelles (MP) (5), ce qui en fait la première cause de maladies professionnelles reconnues. Les manutentions manuelles sont à l’origine de 50 % des accidents du travail (AT), le mal de dos représentant un tiers de ces accidents (1).
Au-delà de leurs conséquences directes sur la santé des travailleurs, 48 % des TMS entraîneraient des séquelles lourdes, dont une incapacité permanente. Les TMS ont également d’autres conséquences sur la vie des travailleurs concernés. La vie professionnelle peut également être affectée par des situations d’inaptitude, la lombalgie étant notamment une cause importante d’inaptitude avant 45 ans, avec un risque de désinsertion professionnelle (1). Ces conséquences peuvent également avoir des répercussions économiques et sociales, notamment en cas de désinsertion professionnelle, sur la vie personnelle des travailleurs.
Selon l’INRS, « les conséquences pour l’entreprise sont souvent sous-estimées et parfois méconnues :
- absentéisme, difficultés pour remplacer le personnel, désorganisation du travail, surcharge de travail pour ceux qui restent ;
- baisse de performance, perte de qualité ;
- restriction voire inaptitude au travail ;
- désorganisation des équipes, nécessité d’adaptation des postes ;
- dégradation du climat social ;
- mauvaise image de l’entreprise. » (6)
Les conséquences des TMS sont également lourdes pour les entreprises avec des impacts humains, organisationnels et financiers. Les chiffres de l’Assurance Maladie présentent 2,4 milliards d’euros de cotisation versées chaque année pour les lombalgies et les autres TMS (1).
Quels sont les facteurs de risque ?
On peut penser que les facteurs de risque se limitent aux risques physiques comme les efforts fournis, la posture, la répétitivité, la manutention et les ports de charges. Ces facteurs physiques représentent un élément parmi tant d’autres.
En effet les causes des TMS sont multifactorielles avec des facteurs de risque (5) :
- biomécaniques (répétition des gestes, efforts importants, manutentions, travail en position statique prolongée, postures contraignantes, chocs, vibrations…) ;
- environnementaux et spatiaux (ambiances thermiques et lumineuses de travail, espace de travail encombré, contraignant…) ;
- organisationnels (délais trop courts et pression temporelle, travail monotone, absence de marge de manœuvre, manque de pauses, rigidité de process, récupération insuffisante…) ;
- psychosociaux (mauvaises relations de travail, défaut d’entraide, manque de reconnaissance, incertitude sur l’avenir, situations de stress…) ;
- individuels (âge, fragilités individuelles, expérience professionnelle…).
L’identification des facteurs de risque suffit-elle à améliorer les conditions de travail et à prévenir les TMS ?
Un autre raccourci récurrent dans la prise en compte des TMS est de penser qu’il suffit de réduire ou supprimer les facteurs de risque déjà repérés. Or, d’une part, les TMS ont une origine multifactorielle et certains facteurs peuvent ne pas être identifiés par méconnaissance, d’autre part, il existe une combinaison de ces facteurs de risque (4) pouvant amplifier leurs effets délétères. Il ne suffit pas d’identifier les facteurs de risques mais de comprendre comment les différents facteurs identifiés se combinent et impactent la santé des travailleurs et de l’entreprise. Certaines combinaisons sont plus évidentes comme la combinaison de facteurs biomécaniques et environnementaux. D’autres combinaisons nécessitent un accompagnement pour pouvoir les identifier notamment entre les risques physiques, psychosociaux et organisationnels.
Qu’apporte l’intervention ergonomique dans le contexte des TMS ?
L’ergonomie est une discipline scientifique qui, par ses méthodes et sa démarche, « permet une autre intelligibilité du fonctionnement de l’entreprise à partir de la compréhension de l’activité de travail de l’Homme. Cette compréhension est nécessaire pour concevoir des situations dont l’opérateur ait la maîtrise :
- pour son équilibre physique, mental et psychique ;
- et pour une meilleure fiabilité du système. » (7)
L’objectif de l’ergonomie est donc d’adapter le travail à l’Homme en transformant ce travail et en l’améliorant par une approche systémique, c’est-à-dire dans la compréhension de ce qui constitue l’ensemble du système autour de l’activité de travail. L’intervention de l’ergonome vise à mettre en lumière les déterminants du travail (techniques, organisationnels et humains) (2 et 4), à les comprendre et à envisager une « approche développementale de la prévention des TMS passant par la construction de marges de manœuvre » (4 et 8). In fine, l’objectif est de concevoir et transformer les situations de travail en tenant compte des dimensions de santé, de performance et de fonctionnement du système.
C’est par l’analyse ergonomique du travail (AET) que l’ergonome peut comprendre le travail réel dans son système, et identifier à la fois les facteurs de risque et les différentes combinaisons de facteurs susceptibles de contribuer à l’apparition des TMS.
L’apport de l’ergonomie dans la prévention des TMS consiste alors à analyser et comprendre le travail réel, ses déterminants et ses contraintes afin de prendre en compte l’ensemble des facteurs de risque dans un premier temps. Cette compréhension du travail réel repose également sur la participation des différents acteurs de l’entreprise, de la direction aux salariés. Le croisement des regards et des connaissances de chacun permet de mieux appréhender la diversité des situations de travail, d’identifier les contraintes et les ressources mobilisées dans l’activité, et de construire collectivement des solutions adaptées, pertinentes et durables.
En conclusion
Dans la prévention contre les TMS, il ne s’agit donc pas uniquement de réduire les contraintes auxquelles les travailleurs sont exposés, mais également de renforcer leurs possibilités d’action et les capacités de l’organisation à faire face aux variations et aux exigences du travail réel.
ABP PSYCHO-ERGONOMIE peut vous accompagner dans vos démarches de prévention des TMS, à la fois dans l’analyse du travail réel, dans l’accompagnement à la transformation du travail et dans la recherche de financements pour vos projets de prévention. Cet aspect sera développé dans un prochain Focus de ce blog : Les dispositifs de financement et d’accompagnement pour la prévention des TMS.
Sources :
- AMELI
- Bellemare, M., & IRSST (Québec). (2002). La transformation des situations de travail par une approche participative en ergonomie: une recherche intervention pour la prévention des troubles musculo-squelettiques. Montréal: IRSST.
- Coutarel, F., & Petit, J. (2013). Prévention des TMS et développement du pouvoir d’agir. Ergonomie constructive., 175-190.
- Hubaut, R., Caroly, S. & Coutarel, F. (2016). Conception d’un outil numérique d’évaluation du risque de TMS, Actes du 51ème Congrès de la SELF, Marseille, 21-23/09/16.
- INRS
- INRS ED6094 : Vous avez dit TMS ? révisée en juillet 2019
- Noulin, M. (2002). Ergonomie. Octarès Editions, Toulouse.
- Vézina, N. (2000). Quelles sont les relations entre travail et TMS ? In INRS (eds.).
Note de rédaction : La rédaction de cet article a bénéficié de l’assistance d’un outil d’intelligence artificielle, utilisé comme aide à la structuration et à la reformulation. Le contenu a été élaboré, relu et validé par l’équipe d’ABP PSYCHO-ERGONOMIE.